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Theresia Dieryck-Pannecouque and her six sons — a remarkable family portrait from 1914.
View →Family tree compiled by Pierre & Martin Dieryck, hosted on Heredis Online.
Open →In Memoriam
° 13 January 1938 – † 21 June 2023
Remembered with love by all who bear his name and carry his memory.
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° 10 May 1944 – † 12 December 2025
Remembered with love by all who bear her name and carry her memory.
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° 30 March 1952 – † 19 March 2025
Remembered with love by all who bear his name and carry his memory.
° 20 December 1958 – † 1 February 2026
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Family history
Theresia Dieryck-Pannecouque and her six sons — circa 1914
Family portrait, around 1914
1868 – 1948
1870 – 1953
1872 – 1962
1876 – 1948
1877 – 1967
1878 – 1952
1835 – 1919 · Mother
The photograph was taken around 1914, bringing together Theresia and her six sons who together carried the Dieryck name through the 20th century.
In Memoriam
° 10 mai 1944, Tourcoing – † 12 décembre 2025, Ottignies
Artiste dans l'âme, esthète dans le regard, femme de cœur profondément dévouée — Chantie voyait la beauté là où d'autres ne faisaient que passer.
Chantie, par Annabelle
Chantie était une femme de cœur, profondément dévouée, généreuse, tournée vers les autres. Quand elle croyait en quelque chose, elle y mettait toute son énergie et faisait preuve d'un engagement illimité.
Artiste dans l'âme, esthète dans le regard, elle voyait la beauté là où d'autres ne faisaient que passer. Elle créait, elle inventait, elle osait. Elle nous faisait souvent rire, par son imagination débordante et son humour subtil.
Son tempérament spontané, original et attachant égayait les conversations.
Aujourd'hui, son absence laisse un vide. Mais tout ce qu'elle a semé continue de vivre, au sens propre comme au figuré. Nous la retrouvons dans la forêt cinéraire de Paliseul, où son corps devient nature et s'offre au travail des saisons. Chantie contribue ainsi à un projet tourné vers la vie, le renouvellement, le cycle de la nature. Le nichoir personnalisé sur son arbre accueillera la vie année après année, les bulbes plantées au pied de son arbre fleuriront, et parallèlement, la mémoire qu'elle nous laisse, aussi. Ainsi nous la reconnaîtrons dans un geste généreux, dans un élan du cœur, dans un clin d'œil plein d'humour. Chantie reste à sa façon vivante parmi nous.
Vie de Chantie, par Martin
Chantie est née à Tourcoing le 10 mai 1944, sous les bombardements. Premier enfant d'une grande famille du Nord, elle incarne l'espoir dans une période troublée. Six mois après sa naissance, la ville de Lille est libérée par les Alliés. Une anecdote familiale raconte que des soldats, émus par la présence du bébé, lui offrent des oranges, symbole rare de douceur et de renouveau.
Son enfance se déroule entourée de nombreux cousins et cousines, admirant l'aînée de la famille. Elle grandit dans un climat difficile d'après-guerre, marqué par un accident de voiture qui faillit lui coûter la vie. Cette expérience la rend résiliente et lui donne une conscience aiguë de la fragilité de l'existence.
Jeune fille énergique, Chantie s'illustre dans le sport : hockey, danse et voile à Nieuport. À l'école, son talent artistique se révèle, tant dans l'écriture que dans l'art plastique. La découverte de la collection d'art d'Albert Prouvost au Septentrion l'inspire à suivre des études artistiques, où elle applique la méthode Martenot.
Forte de cette expérience, elle ouvre un atelier de peinture pour enfants, leur permettant de libérer leur expression personnelle. Son goût du voyage la mène jusqu'aux États-Unis, où elle découvre de nouveaux horizons avec peu de moyens, mais beaucoup de curiosité.
De retour en France, Chantie rencontre Christian sur les pistes de ski de Misurina. C'est le coup de foudre pour ce jeune homme à l'allure de Jacques Dutronc. Elle quitte sa France natale pour le rejoindre à Anvers, où leur couple, décrit comme l'eau et le feu, le Ying et le Yang, restera uni jusqu'au bout.
Chantie insuffle joie et couleur au cercle d'amis de Christian, entre voile sur le Veerse Meer et parties de tennis au Voshol à Brasschaat. Marquée par la culture yéyé et ses expériences américaines, elle fait découvrir le twist et les tubes anglo-saxons à son entourage.
Dans la périphérie d'Anvers, elle fonde un nouvel atelier de peinture. Quatre enfants viendront marquer sa vie : le premier, décédé à la naissance, puis Victoire, dont la venue fut une véritable victoire, suivie de Martin, et enfin Annabelle, dont la naissance faillit lui coûter la vie, mais un médecin la sauva in extremis.
Convaincue d'avoir une mission à accomplir, Chantie promeut l'art à travers des expositions à la maison et des stages d'aquarelle dans le Pas-de-Calais. La maison familiale se transforme régulièrement en galerie d'art, accueillant des œuvres de proches et d'artistes locaux sous des thèmes variés : art naïf, dessins, sculpture.
Elle organise aussi des ventes d'habits et d'objets venus du Népal, dont les bénéfices sont reversés à des œuvres caritatives. Toujours préoccupée par l'injustice et la détresse des plus faibles, elle soutient les causes humaines avec créativité. Elle appuie le mouvement Solidarnosc de Lech Walesa en affichant un sticker sur sa Toyota Corolla rouge, transformant le slogan « My Toyota is fantastic » en « Solidarnosc is Fantastic ».
Touchée par les guerres civiles au Congo, Chantie accueille et aide des familles congolaises, leur offrant vêtements, nourriture, livres et aide pour le logement. Son projet, baptisé Zénith, grandit rapidement grâce à l'aide de bénévoles. En France, elle organise des ventes d'habits à prix démocratiques, redistribuant les bénéfices aux enfants de la région de Tchernobyl.
La maison devient un véritable dépôt d'affaires, chaque sac soigneusement préparé pour une famille dans le besoin. Elle offre même des vacances à des enfants sans papiers à la Côte d'Opale. Après vingt ans de Zénith, épuisée, elle passe le relais à ses amis bénévoles.
Chantie découvre le monastère chrétien de Mar Yakub en Syrie, émerveillée par la paix du lieu mais touchée par la précarité des habitants. Sans compter, elle collecte et envoie vêtements et objets en Syrie à ses frais.
Les années passant, elle ralentit le rythme. Les fleurs du jardin de Christian l'inspirent pour créer des compositions florales. Après l'accident de Christian, elle s'installe à Ottignies, appréciant la vie en maison de repos malgré l'absence de son compagnon. Elle y vit comme une ermite et entretient des correspondances avec ses amies d'Anvers et de France.
Il y a à peine six mois, elle me confiait encore : « Tu sais, Martin, parmi toutes les résidentes, je suis de loin la plus vaillante. » Toujours pleine de projets, elle rêvait d'un atelier de peinture pour enseigner la méthode Martenot aux résidents déments. « Dis, Martin, tu ne pourrais pas me trouver des chevalets et de la peinture ? »
Merci à vous, famille et amis, d'être venus la voir. Merci à Annabelle d'avoir pris soin d'elle, pour faire briller ses yeux, pour rajouter de la vie à ses jours, à défaut de jours à sa vie.